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Comment l'imaginaire déborde la science

"Notre culture ayant pour habitude d'opposer la rationalité de la science et la recherche positive à l'irrationalité des représentations symboliques, elle ne reproduit pas de systèmes mythiques aussi riches que ceux des époques précédentes, mais elle développe, selon nous, un genre qui lui est propre. Le fait est que dans les domaines que nous avons choisi d'aborder par la suite (médecine, diététique), il n'y a pas de discours légitime qui ne soit scientifique. Mais il s'avère que ces discours engendrent des représentations n'ayant pas la valeur scientifique dont elles sont censées procéder. Ces représentations ne sont pas irrationnelles pour autant: elles montrent seulement que la science ne s'affranchit pas totalement des contenus idéologiques qui surdéterminent ses propos. A cet égard, ce chapitre illustre de quelle manière notre époque continue de fabriquer de l'imaginaire à partir du détournement de données scientifiques, ces dernières étant mal comprises ou dogmatiquement utilisées."

Gilles Tétart, Le sang des fleurs: une anthropologie de l'abeille et du miel, 2004, Odile Jacob, pp.199-200
https://books.google.ch/books?id=IjXHmTfFTFoC

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Quelles qualités puis-je attendre d'un hypnothérapeute?

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Un hypnothérapeute possède en principe une certaine aisance dans les relations humaines, la capacité de s’intéresser aux états d’âme d’autres personnes et de communiquer de façon fluide de sorte à donner un certain nombre de descriptions bienveillantes concernant les thèmes évoqués. Il tiendra compte aussi des aspects non verbaux de la communication, c’est-à-dire les manifestations corporelles des émotions et des intentions. Je pense qu’il y a deux grandes tendances d’hypnotiseurs, ceux qui utilisent davantage le magnétisme corporel et ceux qui utilisent davantage les propriétés symboliques du langage. Selon son expérience, chacun sera porté plutôt d’un côté ou de l’autre, même si les deux aspects sont toujours présents.

 

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Retrouver le sens de l'espace existentiel

Se plaçant sous l'éclairage de la phénoménologie existentielle, la géographie humaniste se veut une réponse à une géographie scientifique trop dogmatique, trop abstraite, trop mécaniste et trop étroite dans son approche. Elle met davantage l'accent sur l'étude des intentions, des valeurs et des buts d'un groupe humain donné. Son postulat central est le suivant: "l'espace vécu est le monde de l'expérience immédiate, antérieur à celui des idées scientifiques". La géographie humaniste estime donc que beaucoup d'abstractions ne sont pas forcément fondées sur les assises de l'expérience vécue.
(...)
Les procédures scientifiques qui séparent les sujets et les objets, la pensée et action, les gens et leurs environnements sont inadéquates pour analyser le monde vécu. Les humanistes pensent donc que les descriptions géographiques de l'espace ont trop longtemps négligé différentes facettes de l'expérience humaine. Le sens des lieux, les liens affectifs avec les paysages, le genius loci, les rythmes temps-espace forment autant éléments pouvant apporter un support humaniste à la géographie. La phénoménologie forme donc bien la base philosophique éclairant cette nouvelle démarche en géographie.
(...)
Antiscientiste parce elle rejette l'attitude prétendant résoudre tous les problèmes par la science. Antipositiviste parce elle s'oppose à la systématisation de la pensée humaine et à cette tendance à réduire la réalité aux lois que l'esprit peut en dégager. La phénoménologie repousse donc l'idée que la vérité et la certitude n'existent que par la science. Elle n'admet pas qu'on doive rejeter comme non valide tout autre niveau d'explication. La phénoménologie estime donc que la pensée peut atteindre d'autres vérités que celles atteintes par les lois scientifiques Elle rejette le néo-positivisme qui veut traiter les comportements humains selon des formules mathématiques. Antiréductionniste parce elle oppose toute forme de pensée visant ramener les attitudes humaines aux lois de la physique.
(...)
La démarche phénoménologique apparaît comme non conventionnelle et non conformiste parce qu'elle pose des questions à l'inverse de la démarche dite scientifique. Ce qui importe, c'est de révéler la nature de l'expérience humaine plutôt que d'expliquer et de prédire le comportement humain. Cette description du monde quotidien de l'expérience vécue englobe donc les actions, les mémoires, les fantaisies, les perceptions et les rêves. C'est donc une méthode qui récuse toute rationalité, toute hypothèse ou concept a priori, toute grille d'analyse pré-établie et tout énoncé de lois a posteriori.

La phénoménologie postule ainsi un principe intangible pour elle: "toute connaissance procède du monde de l'expérience et ne peut être indépendante de ce monde. Il n'y a pas un monde unique et objectif mais une pluralité de mondes". Sous cet angle la phénoménologie n'apparaît pas comme une anti-science irrationnelle mais davantage comme un rejet de l'absolutisme et de la dictature de la pensée scientifique positiviste sur toute autre forme de pensée. En d'autres mots la science n'est pas le seul moyen pour comprendre le monde. Au lieu de partir de théories, de concepts et de présupposés scientifiques, la phénoménologie décrit rigoureusement les mondes vécus de l'expérience humaine. La méthode phénoménologique fournit un nouvel éclairage sur les relations entre l'homme et la nature. Cette méthode met en relief les limites des approches quantitatives et positivistes. L'homme est l'ultime point de référence pour tous les objets et faits de nature; aussi le monde ne peut être compris qu'à partir des attitudes et des intentions de homme vis-à-vis de lui. Les faits ne sont pas les seuls objets de la connaissance. Les émotions, les sentiments, les sens et les images le sont aussi. La description phénoménologique n'est pas ébauchée à partir d'une simple observation mais elle est plutôt une démarche réfléchissante sur l'expérience.

L'accumulation des expériences aboutit à une authenticité, c'est-à-dire à des faits qui sont véritablement de leur auteur. Elles expriment une vérité profonde de l'individu et non des habitudes superficielles ou des conventions.
(...)
Le sens humain de espace terrestre (...) Elle va bien au-delà de la connaissance géographique scientifique ou de la connaissance géographique systématisée jusqu'à maintenant par les géographes. Prenant en compte le domaine périphérique tout entier, elle recouvre les idées géographiques, à la fois vraies et fausses, de toutes sortes de gens - pas seulement celles des géographes, mais aussi celles des fermiers et des pêcheurs, des hommes d'affaires et des poètes, des romanciers et des peintres, des bédouins et des Hottentots - et pour cette raison elle a nécessairement un lien avec des conceptions subjectives.
(...)
A la la frontière du monde matériel, où insère activité humaine, et du monde imaginaire, ouvrant sa symbolique à la liberté de l'esprit, nous rencontrons ici une géographie intérieure, primitive, où la spatialité originelle et la mobilité profonde de l'homme dessinent des directions, tracent des chemins vers un monde autre... L'expérience géographique si profonde et si simple invite l'homme à prêter aux réalités géographiques une sorte d'animation et de physionomie, où revit son expérience humaine intérieure ou sociale.
(...)
La réalité géographique pour l'homme, c'est d'abord là où il est, les lieux de son enfance, l'environnement qui le convoque à sa présence. Des terres qu'il foule ou qu'il laboure, l'horizon de sa vallée, ou bien sa rue, son quartier, ses déplacements quotidiens à travers la ville. Toujours solidaire d'une certaine tonalité affective, la réalité géographique ne requiert pas pour autant une géographie pathétique, un romantisme de la terre.
(...)
L'approche humaniste est éminemment égocentrique alors que la démarche néo-positiviste est libre de tout ego.

Source: André-Louis Sanguin, La géographie humaniste ou l'approche phénoménologique des lieux, des paysages et des espaces, Annales de Géographie, 1981, pp. 560-587

 

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Concernant la sociothérapie, utilisée comme panacée

Luigi Anèpeta propose une critique de la psychiatrie alternative, disant que cette approche tend à vouloir soigner les gens atteints de maladies mentales en leur proposant de vivre des expériences socialement significatives.

La sociothérapie intensive, telle qu'elle est souvent pratiquée, comme alternative à la médicamentation chimique ou à l'internement, dans les cas psychiatriques, pourrait bien constituer un projet qui finit par créer une sorte de sur-adaptation sociale de personnes fragiles dans leur psychisme, qui sont en quelque sorte "mises à l'abri de leur monde intérieur à travers le renforcement d'un réseau d'interaction (avec les opérateurs, les autres patients, les amis, les gens de la famille, les collègues de travail, etc.) dans l'idée que c'est uniquement ainsi qu'elles pourront avoir un contact avec la réalité. (...) Comme si seule la capacité d'avoir des relations sociales était l'expression des parties saines de leur personne, ce qui pouvait leur garantir d'être à l'abri de leurs cauchemars internes".

Il se pourrait donc que cela ne marche pas très bien, s'il est vrai que ces personnes malades, pour se sentir mieux, "ont besoin d'une explication concernant les nœuds et les dynamiques conflictuelles qu'ils impliquent, et dont la solution peut certes être facilitée par un environnement favorable, mais doit quand même en dernier lieu advenir dans le registre de la subjectivité ou de l'intersubjectivité".

"Parmi les besoins des patients il y a aussi celui de comprendre le rapport entre l'histoire sociale et leur propre subjectivité, c'est-à-dire ce qui advient au sein de leur propre espace interne, quelles sont les dynamiques psychologiques qui le tourmentent, quelle est la signification des symptômes qui l'affligent, qu'est-ce qu'ils peuvent faire activement pour les dénouer."

Luigi Anèpeta: Al di là della Psichiatria. Proposta di un modello alternativo, 2009, conférence à Rome

Mon commentaire: certes, dans le cadre de l'hypnothérapie ericksonienne, il n'est pas question de guérir des maladies mentales, ni même de les identifier. Cependant il arrive que des clients ont derrière eux un vécu "psychiatrique" pour lequel ils ont déjà été en traitement et dont ils portent en eux le souvenir conscient. Parfois le "trouble" est encore actuel, mais quoiqu'il en soit, dans le cadre d'une séance d'hypnose, ce qu'il est possible de faire c'est tout au plus à faire l'exploration attentive du monde interne et trouver des connexions entre ce qui est ressenti avec des symboles. Et si les symboles n'apparaissent pas encore de manière claire, la façon de procéder, dans un certain flou verbal, conduit néanmoins à marquer durablement l'imaginaire, par des sensations ancrées, ce qui ultérieurement risque bien de produire des symboles, purement subjectifs, créés dans la coopération du conscient et de l'inconscient, dans un travail interne.
Deuxièmement, l'hypnothérapie ne propose pas une méthode permettant de découvrir directement des causes aux symptômes, par le biais d'explications rationnelles exhaustives, cependant elle tire le client vers ce qui est profond dans sa compréhension subjective, justement dans un processus de compensation de ce qui a cours dans l'effort d'adaptation sociale, dans la vie en général, quand ce qui est bien ou mal, désirable ou non, dépend de normes externes.

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Rapport entre numineux et démarche thérapeutique

Carl Gustav Jung, dans le cadre de sa psychologie analytique, rattache le numineux aux archétypes, formes symboliques innées et constitutives de l'inconscient collectif.

Jung s'intéresse à l'interaction de l'inconscient et du conscient chez les individus souffrant d'un trouble psychique, qui pourrait être résolu en accédant au numineux.

"Ce qui m'intéresse avant tout dans mon travail n'est pas de traiter les névroses mais de me rapprocher du numineux... l'accès au numineux est la seule véritable thérapie"6. (Correspondance, Tome II, 1993)

Source: page Wikipédia consacrée au numineux

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C.G.Jung: psychologie des profondeurs versus religion

"Jung (..) reconnaîtrait que la religion est plus riche, plus élaborée et, d'un point de vue esthétique, plus plaisante que la psychologie des profondeurs. Elle tire même sa force du fait qu'elle repose sur des siècles de tradition et, surtout, qu'elle est pratiquée par une large communauté (...). Il ajouterait que pour beaucoup de personnes instruites, la « religion » ne fonctionne plus, qu'elle n'a plus de crédibilité et ne parle plus un langage qui soit compréhensible. Elle ne peut donc plus être cette lumière capable de nous guider, en tout cas pas sans le secours de la psychologie des profondeurs qui peut traduire ses vérités en un nouveau langage scientifique compréhensible par tous. La religion insiste souvent sur la vérité littérale des écritures et des doctrines alors que la psychologie les considère d'un point de vue symbolique, ce qui convient mieux à la sensibilité moderne. C'est pour cette raison que la psychologie de Jung ne semble pertinente qu'à ceux qui sont postreligieux, post-traditionnels ou à ceux qui s'intéressent à la psychologie de la religion."
Source: Tacey David, « Le rôle du numineux dans la réception de Jung », Cahiers jungiens de psychanalyse, 3/2008 (N° 127), p. 95-111. http://www.cairn.info/revue-cahiers-jungiens-de-psychanalyse-2008-3-page...

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Acceptation culturelle d'être dissocié Saresca Thu, 15/06/2017 - 00:46
Action stratégique du thérapeute Saresca Wed, 14/06/2017 - 19:07
Apport des neurosciences Saresca Wed, 14/06/2017 - 23:06
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Avoir un projet de santé, tenter autre chose pour se soigner Saresca Sat, 24/06/2017 - 14:39
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