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L'hypnose pour aider les patients atteints d'Alzheimer

Les travaux du Dr. Philippe Sol

Les troubles psychologiques et comportementaux (TCP) associés à la maladie d'Alzheimer sont malheureusement très fréquents. Un tiers des patients ont des symptômes jugés sévères. Les psychotropes (anxiolytiques, neuroleptiques, antidépresseurs pour l'essentiel), sont souvent inappropriés pour traiter ces malades car ils sont responsables d'iatrogénie (*). Les recommandations actuelles sont d'utiliser des thérapies non médicamenteuses et de les évaluer car elles peuvent souvent permettre d'éviter ce recours aux médicaments. L'objet de l'étude réalisée à Castelnaudary est d'analyser l'impact de l'hypnose sur les "TCP" lors de la maladie d'Alzheimer.

Il s'agit d'une étude préliminaire descriptive menée par le Dr Sol et toute son équipe, sur une durée de douze semaines pour des patients atteints de la maladie d'Alzheimer et qui présentent des troubles comportementaux moteurs aberrants. Ces derniers profitent de séances d'hypnose hebdomadaires, lesquelles, bien évidemment ne sont entreprises qu'avec l'accord du patient et de sa famille. À l'issue, l'efficacité de cette méthode révolutionnaire dans la réduction des "TCP" et de leurs récidives sera vérifiée. Trois objectifs sont poursuivis : l'efficacité de l'hypnose dans la réduction des TCP, mais également la diminution des récidives et enfin, le baisse de l'utilisation des médicaments psychotropes. Le docteur Philippe Sol, le déclare sans ambages : "Nous avons trop tendance à croire que les patients sont enfermés dans une bulle alors que malgré la maladie ils essayent de communiquer. Notre but est de leur permettre de respecter leur trajectoire de vie. Au travers de l'hypnose nous leur donnons la possibilité d'exprimer des capacités qui existent en eux. Les patients sont vivants et être vivant c'est être en communication".

Pierre Olive, "Le Dr. Sol à la maison de retraite", L'indépendant (2015)
 

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Guérison par la chimie? L'imaginaire collectif y croit!

Emancipés de l'aspect dogmatique et autoritaire des systèmes d'interprétation traditionnels religieux, "les êtres humains ont choisi, en grande majorité, de flotter à la superficie de la conscience, en s'employant à affronter des problèmes pratiques plutôt que d'accepter le défi de la complexité".

"Ainsi la promesse de la néopsychiatrie de pouvoir guérir avec des substances chimiques toute forme de mal-être psychique et psychosomatique a fait une percée dans l'imaginaire collectif. Une telle promesse a été forgée sur la base de découvertes mirobolantes en neurobiologie, en grande partie étrangères à la conscience commune, de laquelle étaient et sont dépositaires les psychiatres. La référence au cerveau et à la pensée comme à des systèmes complexes et mystérieux auxquels ne peuvent avoir accès que des spécialistes - besoin de référence n'ayant jamais été entièrement surmonté au niveau de l'imaginaire collectif - s'est donc proposée, avec une intensité particulière. Ceci a produit une confiance aveugle dans les psychiatres" qui ne se sont pas opposés, mais ont accepté de collaborer avec "les experts en marketing offerts par les industries ont organisé une stratégie de communication à trois niveaux".

"Dans le rapport avec le public, ils ont traduit le savoir ésotérique qu'aurait produit la neurobiologie en des formules extrêmement simples et faciles à comprendre, centrées sur le fait que la complexité cérébrale comporte comme noyau ultime de son fonctionnement la production de substances chimiques qui permettent la communication entre les neurones (les neurotransmetteurs). Sur cette base, la maladie va être attribuée au défaut ou l'excès d'un neurotransmetteur, et sa cure sera tournée vers la restauration de l'équilibre normal neurotrsansmissif".

"Une ultérieure stratégie a consisté à classer les maladies psychiques qui auparavant relevaient seulement de trois catégories (névrose, psychose et personnalité psychopathe) en maladies biologiques qui sont euphémistiquement qualifiées en termes de désordres" ou troubles, comme les troubles bipolaires, troubles de l'attention, trouble d'attaque panique... "Les psychiatres réussissent à se faire passer pour des scientifiques qui parlent en code, comme les physiciens ou les chimistes" en adoptant des sigles aussi bien pour les différents troubles que pour les substances actives contenues dans les médicaments chimiques censés les apaiser".

"La dernière stratégie concerne la recherche sur les maladies mentales et l'effet des médicaments" Cette recherche se propage en brandissant des images neuroradiologiques, censées démontrer comment l'angoisse, la dépression, la schizophrénie, etc. sont des maladies biologiques. Et concernant les effet de la chimie médicamenteuse, puisque les recherches sont sponsorisées par l'industrie pharmaceutique, elles seront unanimes à attester l'efficacité thérapeutique et à en minimiser les effets collatéraux".

Luigi Anèpeta: Al di là della Psichiatria. Proposta di un modello alternativo, 2009, conférence à Rome

Mon commentaire est que les neurosciences apportent aussi des éclaircissements quant au fonctionnement global de la psyché qui n'ont, pour l'instant du moins, pas grand chose à voir avec la possibilité de faire un business lucratif dans l'industrie pharmaceutique et qui concerne le fonctionnement différencié des hémisphères cérébraux ainsi que pour tout ce qui concerne l’interaction entre les parties du cerveau lorsqu'une nouvelle information est intégrée (en partant du stimulus sensoriel jusqu'à l'encodage au niveau du néocortex et les facteurs créant un empêchement) ou encore l'analyse des impulsions électriques spécifiques au sommeil et à l'état où se produisent les rêves nocturnes.

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Critique de la néopsychiatrie (médicalisation chimique)

Luigi Anepèta est un psychiatre fortement engagé dans la défense de l'antipsychiatrie, c'est-à-dire la possibilité de donner une autre définition de la maladie mentale et par conséquent un autre traitement. Il propose d'envisager que la néopsychiatrie est une mystification idéologique qui conduit à des abus dans la médicalisation chimique. La vision néopsychiatrique ramène les problèmes psychiques à une "maladie mentale", due à l'excès ou au défaut de substances chimiques. Cette codification s'est si bien divulguée qu'elle est désormais banalisée, acceptée dans le sens commun. Cependant c'est surtout l'avidité des grandes industries pharmaceutiques qui est ainsi satisfaite, tandis que le soulagement à la souffrance des personnes souffrant de perturbations psychiques n'est traité que superficiellement.

Anèpeta soutient que le prestige des solutions amenées par la néopsychiatrie est rendu possible du fait que la population attend une solution radicale et "magique" au problème des dérangements psychiques. Mais si on creuse un peu la question de la validité des paradigmes explicatifs, on peut aisément constater les points faibles de ce modèle. Malheureusement la conscience critique sur cette question n'est pas encouragée, puisque les mass-médias continuent à véhiculer des flux d'informations qui présentent toujours de manière avantageuse les nouvelles découvertes proposées selon la logique néopsychiatrique, en confirmant à chaque fois l'idée que les facteurs génétiques et biologiques sont déterminants dans toutes les types de désordres psychiques. "L'angoisse et la dépression ne sont plus des syndromes, c'est à dire des formes névrotiques non structurées, mais bien des dysfonctions" traitées directement. C'est un peu comme si les médecins se contentaient de traiter la fièvre, par des médicaments destinés à la faire baisser, sans comprendre en quoi elle est l'effet visible d'une autre pathologie qui couve.

Pour Anèpeta "les conflits psychodynamiques, quelle qu'en soit la genèse, représentent un potentiel évolutif", c'est-à-dire la possibilité d'atteindre un niveau de développement plus haut, compte tenu qu'il y a une dualité potentiellement en conflit en tout humain, la part sociale et la part individuelle. L'être humain est doté d'une double nature, qui est à l'origine des tensions psychiques qui l'agitent parfois: "il s'agit d'un animal radicalement social qui vit du début à la fin dans une interaction perpétuelle avec les autres, mais en même temps, il est doté d'une identité individuelle, une vocation à être d'origine génétique et un besoin d'individuation". "Il a donc besoin d'appartenir et s'intégrer au groupe avec lequel il interagit, mais en même temps, de se différencier au point de sentir que ses choix de vie sont dictées par sa propres volonté et expriment sa liberté".

Pour expliquer en quoi la pathologie est un symptôme de vitalité intérieure refoulée d'un moi qui "tout en poursuivant son individuation, doit quand même composer avec le milieu social et avec le monde tel qu'il est représenté intérieurement", Anèpeta utilise la métaphore du tremblement de terre. Les réactions psychiques intenses sont à comprendre comme des manifestations de l'inconscient dynamique, qui va tenter d'extérioriser l'énergie d'un jet, dans une tentative de guérison de ce qui se trouve en dessous et qui avait été blessé ou était en prise à des conflits: "ce sont des messages significatifs que l'inconscient lance à la conscience pour lui faire part qu'il y a des problèmes à résoudre".

Anèpeta insiste particulièrement sur le fait que la néopsychiatrie, en fondant sa méthode sur l'idée de "vulnérabilité génétique", facilement traduisible en termes biochimiques, minimise de façon drastique la reconnaissance du fait que ce sont des expériences subjectives et sociales qui sont très souvent à l'origine des troubles. Ils ont le défaut d'interpréter les manifestations "explosives" de l'inconscient comme des signaux d'un déséquilibre naturel. Ils laissent croire que la maladie mentale est de même nature que la maladie somatique et que celle-ci ne dépend pas du rapport entre le sujet et le monde social ou n'a rien à voir avec l'effort d'individuation et les conflits que cela suppose.

"Si le moi était en état de décoder les symptômes en leur attribuant leur juste signification une grande partie du mal-être psychique fondrait comme neige au soleil, ou mieux, il se traduirait en problèmes à résoudre". Mais... "il advient que la conscience, entichée du mythe de son unité, ne peut décodes les messages qui parviennent de l'inconscient et d'autant moins les accueillir comme étant les expressions de subjectivités impersonnelles y habitant".

Note de Saresca: Un sujet qui chercherait à comprendre par lui-même ce qui se passe en profondeur, risque de mal interpréter les messages de son propre inconscient et de se retrouver encore plus déboussolé. C'est donc ici qu'un accompagnement thérapeutique par le dialogue, même en état d'hypnose légère, peut se révéler bien plus fructueux que la méthode d'équilibrage automatique par des médicaments chimiques. C'est quand le thérapeute arrive à canaliser l'attention sur l'aspect psychodynamique et vital des messages de l'inconscient que quelque chose peut se débloquer.

Résumé de la première partie du texte de Luigi Anèpeta: Al di là della Psichiatria. Proposta di un modello alternativo, 2009, conférence à Rome

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Si je prends des médicaments pourrais-je m'en passer ensuite?

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Le travail que nous faisons, en hypnose, peut dans le meilleur des cas faire évoluer une situation douloureuse vers une guérison, c'est-à-dire qu'après un certain temps vous ne ressentirez plus le même besoin de prendre les médicaments en question. C'est vous qui prendrez la décision, de manière autonome et en aucun cas je vous ferai des suggestions allant contre l'avis de votre médecin, généraliste ou spécialiste. Dans le meilleur des cas, grâce à la séance hypnotique, vous arriverez à mieux connaître vos besoins, c'est-à-dire que vous serez en mesure de discuter autrement avec le médecin traitant, en interagissant avec lui de manière constructive et en évitant la sur-médication.

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Soulager la souffrance

En s'occupant à la fois du corps et de l'esprit, l'hypnothérapeute va chercher non pas à séparer ces deux éléments, comme aurait tendance à faire un médecin ou un psychologue, mais à les associer. La séance démarre en instaurant un processus de communication qui touche d'abord la psyché. De là, il sera possible d'arriver jusqu'à influencer le corps et ses réactions et ceci sans usage de médicaments chimiques.

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