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Bien réagir en cas de coup dur?

« Vous n’avez pas le choix ! » Que c’est dur d’entendre cette phrase et d’avoir à faire face à une situation qui nous déplaît, mais que nous n’avons pas la possibilité d’éviter.

La perte de confort se profile comme imminente quand des faits graves viennent nous déranger dans le petit monde fait à notre mesure, dans lequel nous avions réussi à nous sentir bien. Le désagrément est encore plus fort du fait que nous ne vivons pas dans une culture du fatalisme et de la résignation, mais qu’au contraire, autour de nous, c’est toujours le même refrain que nous entendons, celui qui dit que nous sommes modernes, donc libres de choisir selon nos préférences.

Et pourtant cela ne marche pas à tous les coups. Il y a des situations où simplement il s’agit de suivre des directives qui viennent de plus haut. Il y a des accidents qui font que la santé est atteinte. Il y a la liberté des autres, hors de notre contrôle, qui parfois blesse même involontairement.

Admettons que nous soyons en séance d’hypnose. J’essaye de me situer en empathie avec vous, dans cette difficulté récente, insurmontable : vous n’avez pas le choix et vous en faites une maladie, au sens d’une souffrance psychologique.

Que puis-je faire pour vous dans ce cas, pour vous aider à mettre en cours une dynamique plus positive, sans me limiter, comme feraient d’autres, à proposer les phrases de consolation censées adoucir le malheur en le relativisant ?

Car il y a des situations où il ne suffit pas de vouloir changer les idées en relativisant. Et je dirais même que le problème consiste justement dans le fait que la situation inconfortable elle-même est provoquée par une sorte de fatalité conduisant à une nécessité de relativiser qui ne nous laisse pas le choix. Ce changement est commandé par une autorité externe et non pas une nécessité ressentie comme intérieure. Aucun remède n’est donc apporté avec cette phrase de consolation, qui en réalité n’est qu’une phrase de description du monde dévasté dans lequel se meut celui qui souffre. L’injonction à relativiser ne fait rien d’autre que de remuer le couteau dans la plaie.

Parlons donc de la méthode hypnotique. Elle consiste à retrouver l’état d’enchantement préexistant à l’accident. Qu’est-ce que cela ? Cela signifie que le confort mental, en temps ordinaire, suppose que nous vivions dans l’enchantement de nos propres croyances organisées en système. A ce stade ça roule, c’est fluide et il n’y a aucune nécessité à mettre en question un système qui fonctionne en le relativisant. Mais l’accident survient comme un grain de sable dans un engrenage, grippant le fonctionnement de toute la machine. Ceci se passe dans l’immatériel des croyances, qui perdent leur lumière et que nous devons réexaminer pour savoir si nous pouvons les garder ou si nous devons les éliminer, après les avoir relativisées. C’est un travail qui pourrait sembler interminable, puisque nous avons des centaines, voire des milliers d’idées et de représentations.

Le désanchantement des croyances c’est la perte de leur lumière. A ce stade une personne est vulnérable et elle risque fort de succomber à la domination de tiers, en particulier si l’absence de choix relève de directives élaborées par un système de pouvoir qui a une prise sur la vie de cette personne, quand, dans la vie professionnelle il y a des chefs dont le système de croyances n’est pas attaqué et quand ces chefs se complaisent dans leur posture de dominants. Ou quand dans la famille il y a des personnes qui tiennent cette capacité à manipuler en déstabilisant.

Combien de fois cette perte de l’autorité intérieure est survenue chez des personnes qui vivent des pressions dans leur milieu professionnel, voire dans leur milieu familial ? Combien de fois la santé n’a pu être retrouvée qu’après un changement d’emploi, un divorce ou une séparation ?

Chaque cas est particulier, mais dans le cadre d’une séance d’hypnose il me semble intéressant de travailler sur la notion d’enchantement  et de luminosité du système de croyances, suite à un coup dur. Sans chercher à analyser de près la configuration de l’enivronnement où se trouvent ces éléments impondérables, difficiles à intégrer, qui obligent à une relativisation du mode de penser, il s’agit de viser une seule chose, un peu de confort psychologique en retrouvant quelque part, dans un lieu intérieur, une zone protégée où l’enchantement peut à nouveau reprendre de la vigueur.
 

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