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Quel genre de surmoi permet à l'imagination créatrice de se développer?

"Le désir échappe en grande partie au contrôle du " directoire interne ", restrictif et coercitif, alors qu'il peut être soutenu par la part encourageante du surmoi. La fierté d'être soi, en vie, sensible et ouvert au monde, à la rencontre est la meilleure configuration pour désirer

Lorsque les exigences du surmoi sont minimales, le désir peut se déployer : l'imagination créatrice trouve alors l'espace et l'énergie nécessaires à son développement. Il s'agit là d'un aspect capital non seulement de la santé psychique, mais aussi de l'épanouissement.

L'imagination n'est pas l'imaginaire, qui correspond à l'ensemble des croyances, fantasmes et leurres intriqués de chaque individu. Au contraire, l'imagination est la capacité sensible de chacun à jouer avec des images internes originales, et à les assembler de façon à créer des fantaisies, des histoires et des mondes. Le rêve et la rêverie sont les manifestations les plus courantes de l'imagination ; la création artistique en est une autre forme. Alors que le surmoi ne propose que des clichés, des fantasmes, des images mortes, fixes, à suivre à la lettre, l'imagination inclut en elle la dynamique du changement, elle est vitale et dynamisante".

Saverio Tomasella, Le surmoi: il faut, je dois..., Editions EYROLLES, 2009, pp 79-80

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L’imaginaire : réalité ou fiction ?

L’imaginaire fait partie de toutes les sociétés, de la plus archaïque à la plus civilisée : « Nous savons que l’homme vit et survit encore grâce à l’imagination. Notre monde rationnel continue à baigner dans une magie diffuse. » Chacun de nous a la faculté ou le pouvoir, et certains plus que d’autres, de former des images et de les combiner en vue de son propre discours. Ces images ne renvoient pas nécessairement au réel ; elles peuvent n’être parfois que l’idéalisation, la projection ou même la profanation d’une réalité hypothétique. L’imaginaire est réel ou fictif. Fictif, il peut conduire au délire. Sartre voit dans l’imaginaire une certaine façon qu’a l’objet de paraître à la conscience ou, si l’on préfère, une certaine façon qu’a la conscience de se donner un « objet », qui pourrait aller jusqu’à l’absence et même l’illusion. D’autres, de l’école réaliste, acceptent l’imaginaire comme un état naturel quoique provisoire : l’état d’un être en quête d’idées et d’action. Récupéré par la sagesse populaire, l’imaginaire apparaîtra comme l’effet d’un esprit créateur et libéré ou comme la menace à éviter si l’on ne veut pas enchaîner sa raison et l’entraîner à la démission totale.

La tendance fut longtemps d’opposer imaginaire et rationnel, comme on opposerait vice et vertu. « Méfie-toi de ton imagination », la « folle du logis » ; « ça ne te mènera nulle part d’imaginer que... » ; « tu as des imaginations ». Le malade imaginaire ! Mais, en ces derniers temps, et on peut l’écrire maintenant sans trahir, on est peu à peu revenu à la « raison » : Freud, Breton, Bachelard, Durand, Sartre et d’autres, Caillois en particulier, ont célébré l’imagination, et conséquemment l’imaginaire, le merveilleux, voire le sacré.

 

Source: Benoît Lacroix - Imaginaire social et représentations collectives (1982) Mélanges offerts à Jean-Charles Falardeau.

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Orientation vers un futur, organisé en liberté

Texte de Charles Pépin, philosophe, intitulé: "Le jour où Sartre a répondu à Freud"

Connaissez-vous la proposition sartrienne d’une « psychanalyse existentialiste »? Sartre était tellement fasciné par Freud qu’il a essayé de fonder une forme de psychanalyse concurrente, reposant sur l’idée… que l’inconscient n’existe pas ! Ce que Freud nomme l’inconscient n’est pour Sartre qu’une conscience de mauvaise foi : l’homme ne veut pas voir ce qu’il a refoulé, mais qu’il a bien dû « voir » au moment de le refouler – sinon, il n’y aurait pas eu refoulement. Nul inconscient profond chez Sartre, ni de libido exprimant l’intensité de l’énergie associée aux pulsions refoulées, juste une zone de la conscience que l’homme ne veut pas voir, incapable de cette honnêteté vis-à-vis de lui-même.

L’inconscient ainsi redéfini, et donc nié, ne peut en conséquence déterminer l’homme à être ce qu’il est : l’homme n’est plus déterminé par son passé; il est libre de s’inventer à chaque instant. Comment refonder la psychanalyse si l’on pense que l’individu n’est pas le produit de son passé ? En proposant, comme Sartre dans L’Être et le Néant, d’allonger les individus pour leur permettre d’entendre, non pas leur passé… mais leur avenir ! De trouver un projet capable de redonner du sens à leur vie, de rendre leur passé supportable, voire d’en faire une force.

Pour Sartre, le passé n’existe pas : il n’a aucune réalité objective. Il se donne à nous en fonction de la manière dont nous nous projetons dans l’avenir. Reste à trouver le projet – la finalité – qui changera l’obstacle (un passé douloureux) en opportunité. L’angoisse, qui plongeait selon Freud ses racines dans notre passé, s’éclaire alors chez Sartre de notre rapport à l’avenir. Vous avez le vertige, une peur phobique des balcons trop élevés ? Inutile d’aller chercher dans votre enfance l’introuvable clé de l’énigme. C’est l’avenir qui vous angoisse, l’avenir tout proche : de ce balcon, vous pourriez vous jeter dans le vide. Finalement, c’est votre liberté qui vous angoisse, cette liberté qui peut être « monstrueuse », l’angoisse devenant le symptôme de cette douloureuse prise de conscience de votre liberté.

Pour en sortir, il s’agissait chez Freud de saisir la manière dont nous sommes pris dans le destin, Sartre nous propose d’assumer pleinement cette liberté qui est aussi l’origine de notre angoisse. Toujours la même histoire : la liberté contre le destin. On imagine très bien le dialogue entre les deux. Freud : « Ainsi, vous proposez simplement de guérir les hommes en leur donnant un projet ? » Sartre : « Eh bien oui, c’est toujours mieux que de leur donner un destin ! » C’est probablement Freud qui a raison. Mais Sartre plaît beaucoup plus aux partisans de thérapies brèves et aux coachs pressés, par temps de crise, de « changer les obstacles en opportunités »…

Charles Pépin, "Le jour où Sartre a répondu à Freud", décembre 2010, Psychologies.com  https://www.psychologies.com/Therapies/Psychanalyse/Inconscient/Articles-et-Dossiers/Le-jour-ou-Sartre-a-repondu-a-Freud

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Pas si facile à distinguer la mémoire de l'imagination

Ce passage obligé par le récit, donc par la fabulation, pour la mémoire et celui qui en est, permet bien sûr de rapporter des événements auxquels il a assisté, mais permet aussi d'inventer, d'imaginer. C'est pourquoi, pour Janet ( 1928, p. 298), l'imagination naît de la mémoire et en est une partie. Ainsi, comme le remarque James ( 1915, p. 266-267), " nous racontons plutôt ce que nous voudrions avoir dit ou fait que ce que nous avons réellement dit ou fait; peut-être, lors d'un premier récit, pouvons-nous distinguer la réalité de la fiction ; mais bientôt celle-ci élimine celle-là où elle règne seule désormais ".

De plus par la fabulation, il y a de toute façon une transformation de l'événement et ceci constitue donc toujours un défaut de réalité, un défaut de vérité de la mémoire (Janet, 1928, p. 289)

Ainsi, lors de cette troisième période de l'évolution de la mémoire, imagination et mémoire sont confondues à cause même du mécanisme (la narration) qui permet à la mémoire d'atteindre son but : faire éprouver à un autrui n'ayant pas assisté à un événement ce que le narrateur a éprouvé en assistant à cet événement.

Ce fabuleux développement de la mémoire grâce à la fabulation qui donne au récit une organisation intelligente (Janet, 1936, p. 222) est cependant incomplet, et " pour que la mémoire devienne pratique, il faut qu'elle sorte de cette inconsistance vague dans laquelle la fabulation l'a laissée " (Janet, 1928, p. 299). Si la mémoire était dominée par la seule fabulation, elle serait devenue inutile. Pour devenir consistante et utile, la mémoire a dû faire un nouveau progrès grâce à la création du présent qui rattache la mémoire et la réunit à l'action (Janet, 1926, p. 244-253 ; Janet, 1928, p. 293 ; 310-312 ; Janet, 1929, p. 289).

" Le présent est le moyen de rattacher le récit à l'action des membres et pour cela il faut qu'il transforme cette action elle-même en un récit. [...] le présent est caractérisé par un récit de mon action fait en même temps que l'action " (Janet, 1936, p. 229).
Source: Stéphane Laurens et Topshiaki Kozakaï, Pierre Janet et la mémoire sociale, revue Connexions, 2003/2 (No80)

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Stimuler l'imaginaire, réveiller l'intuition

La plupart d'entre nous a élaboré une identité "fonctionnelle", permettant de faire face à des demandes dans les situations de la vie, quand les gens s'attendent à ce que nous soyons pragmatiques, efficaces, directs. C'est ainsi qu'est laissée de côté l'imagination, qui est en réalité un "super-pouvoir", fortement mis à contribution lors d'une séance d'hypnose.

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