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Les deux niveaux de mémoire, l'encodage parallèle     le 16/04/2018

Dans la théorie intitulée « Double représentation », Brewin, Dalglheish, et Joseph (1996) font l’hypothèse que les souvenirs traumatiques sont différents des souvenirs normaux. Ce modèle implique deux niveaux de mémoire, dans lesquels les informations relatives à l’événement traumatique pourraient être représentées. Les souvenirs liés à l’événement traumatique seraient encodés de façon parallèle, dans ces deux niveaux de mémoire, au moment de l’événement traumatique. Les mécanismes de stockage des souvenirs traumatiques feraient appel à des circuits neuronaux différents de ceux utilisés pour les souvenirs normaux. Le premier niveau de mémoire serait la conscience, dans laquelle les souvenirs pourraient être « accessibles verbalement ». Ces souvenirs seraient encodés par l’hippocampe et stockés dans un contexte temporo-spatial bien défini. Ils pourraient être récupérés volontairement, puis intégrés de façon progressive. Le deuxième niveau de mémoire serait constitué par les « souvenirs accessibles en situation ». Ces souvenirs ne seraient pas encodés par l’hippocampe et ne seraient donc pas stockés dans un contexte temporo-spatial défini. Ils ne seraient récupérables qu’après activation lors de la confrontation à un aspect de l’événement traumatique initial. Ainsi les symptômes dissociatifs et les flashs back résulteraient d’une activation de la mémoire « accessible en situation ». Le processus émotionnel permettant la résolution du trouble devrait intervenir à la fois sur les souvenirs « accessibles verbalement » et les « souvenirs accessibles en situation ». Cette théorie permet d’expliquer les symptômes de dissociation mais explique peu les symptômes d’évitement
Source: Linda Decam, De la névrose traumatique à l’état de stress post-traumatique. Thèse de doctorat en médecine, 2012, Université de Grenoble, p 28
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Honte et trauma: l'absence de parole intime     le 13/04/2018

Tout trauma peut entraîner une modification de l'image du moi, traduisant une atteinte dans l'ordre symbolique, se cristallisant sous un affect: la honte. Le trauma est toujours l'invasion brutale de l'être par le tout sensationnel, l'occupation absolue par des sensations sans mots, des émotions polyvalentes qui vident l'être de tout langage. Ceci se traduit plus tard dans l'impossibilité qu'a la victime de dire ces instants d'agression dont tout vécu est absent ou de se qualifier alors de "terrorisée, sidérée paralysée, médusée, comme absente, hors de soi-même..."

Le sensationnel dans sa brutalité traumatisante et totalisante s'oppose au ressenti et l'annule. Le ressenti est de l'ordre de l'"intime". Les sensations imposées par l'événement traumatique annulent toute révélation de l'intime. Ce qu'a perdu le traumatisé, c'est la capacité de se traduire symboliquement, par la parole, à l'oreille d'un autre.

(...) Il s'agit bien d'une perte de "la parole", de ce qui au sein même du langage signifie l'être parlant, car parfois, à côté du silence de stupéfaction, d'inhibition, il peut persister des bribes de langue: un discours logorrhéique plus ou moins vide de sens d'où l'auteur est toujours absent.

La victime constate qu'elle n'y est pas, qu'elle n'existe pas (de ex-sistere) puisqu'elle ne parle pas. Elle est privée de référence à la loi (qui est la loi du langage et de la parole) lors de l'agression et par là sa vie n'en est pas une puisqu'elle n'est plus l'effet d'une demande et d'une réponse (de je à tu), de cet échange sans cesse renouvelé qui constitue le courant de la vie. La victime le constate en l'exprimant sous forme de: "Je ne vis plus, je survis mais ce n'est plus une vie".

Qu'est-ce que l'intime? C'est le point extrême de l'intimus, dans la définition du dictionnaire: "ce qui est le plus en-dedans, le plus profond" où sourd ce qui fait les éléments de la parole, c'est-à-dire les signifiants porteurs de celui-là même qui ressent. C'est là où naît ce qui va devenir la parole. C'est la source composite du langage qui porte le désir de l'être. C'est le lieu où se manifestent au présent les éléments de l'histoire porteurs du sujet résonnant sous le choc des mots de celui ou de celle qui parle. Autrement dit, l'intime, c'est la manifestation d'un acte de vie. C'est le lieu de formation du parlêtre. L'intime est en fragilité car, pour se révéler, il est dans l'exigence d'une ouverture sur soi, c'est-à-dire sur les événements adéquats de son histoire à l'instant présent, sous l'acceptation des mots qui en naissent à la fois sous son propre dynamisme et sous la réception des mots d'un autre.

Pour être dans l'intimité, il faut être au moins deux en lien de parole, sinon c'est le repli sur ce que l'on croit être le secret, de son coeur par exemple. Car la notion d'intime se lie avec celle d'accord avec l'autre, celui dont on est proche, qui vous entend et vous répond: l'intime. Grâce à cette mise en intimité la parole circule entre les personnes, et les êtres se révèlent comme vivants.

Le trauma, c'est l'annulation du point de la naissance de la révélation, de ce qui parle d'un Autre à un autre pour un autre, autrement dit de ce qui fait l'être, le fait vivre. Ainsi, les attitudes, les actions violentes, même portées par le seul langage d'un agresseur, peuvent bloquer la naissance de la parole et par là même la manifestation de vie. Toute mise en scène mensongère stérilise la source intime des événements langagiers porteurs de celui qui parle. L'ennemi de la parole est le mensonge, quelle qu'en soit l'origine ou la justification. Le mensonge reçu tue toute parole de vérité.

La honte comme symptôme. Revenu de l'explosion sensationnelle, du laminage émotionnel, le langage n'est perdu que pour un temps ou pas perdu du tout. Mais, s'il est possible, ce n'est plus qu'un discours de traduction des sentiments, des émotions post-traumatiques, de colère ou de honte par exemple, des images de soi, mais pas du ressenti. Ce langage là est une représentation du moi fourni en abondance par les sens, mais pas du sujet de la parole qui s'origine à l'intime.

Ce qu'a perdu le traumatisé, c'est la capacité de se traduire symboliquement, par la parole, à l'oreille d'un autre. Il lui manque cette faculté proprement humaine sans qu'il sache ce que c'est. Il n'est pas à égalité avec tout autre réputé non pas discourir mais parler. La honte se constitue ainsi d'une infériorité par déficience au point traducteur de l'humanité en chacun.

La honte peut se dire. Dire sa honte est au plus près de l'atteinte traumatique, mais ne change rien au méfait du trauma.

La honte: c'est de ne pas être à égalité avec les autres. C'est être marqué par un défaut, au sens de manque, être par là en infériorité. (…) L'étymologie du terme "honte" renvoie à "honnir", vouer quelqu'un à la honte publique, à la désapprobation générale. Il sous-entend l'humiliation, le déshonneur, l'indignité. (…)

La honte est conjuguée au vide, à l'impossibilité d'exister car elle est typiquement non symbolisable, puisque représentant l'absence de parole. Se départir de la honte c'est pouvoir quitter le monde du fantasme surgi du trauma où les sentiments, les sensations recomposent un moi aléatoire au fil des remémorations obsessionnelles, des épuisements dus au sommeil bouleversé de cauchemars, des rencontres d'intervenants bien intentionnés qui, voulant protéger la personne agressée dans son statut de victime, lui retaillent un uniforme de handicapée à la mesure de ce qu'ils savent.

Le décollement du fantasme ne peut s'opérer qu'au prix d'un lien de parole avec un autre en position d'altérité radicale, d'un Autre: le lieu où ça parle. Ce travail ne peut se faire qu'avec cet Autre témoin de l'origine de la parole, ne trouvant pas de sens à la honte et au fantasme qui la porte (…) l'intime renaît au coeur de la victime honteuse quand cet Autre est là.

Source: Liliane Daligand, La honte et le trauma, revue Stress et Trauma 2006 (3), pp. 151-153
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L'accès aux ressources, un cheminement complexe     le 06/04/2018

Le travail de l’historien nous éclaire sur ce qu’est notre mémoire personnelle. Qu’est-ce que se souvenir ? Qui est le sujet du souvenir ? Lorsque nous évoquons un épisode de notre existence, le temps présent est mis entre parenthèses au profit d’une plongée dans le monde englouti. Les forces, les idées, les ressources que l’action quotidienne puise dans ce monde-là nous restent invisibles. Nous les utilisons à notre insu. Il serait trop facile de considérer notre mémoire comme une réserve d’informations, de « données » accessibles selon des processus toujours actionnés de façon identique. Là encore il y a un dialogue permanent entre des couches émergentes et tout un monde de latences.
L’aspect pronominal du verbe doit susciter notre étonnement. Se souvenir, c’est s’adresser à soi-même. Pour se souvenir, il faut arrêter le temps et opérer un retour vers soi. Nous faisons bien plus qu’aller chercher de l’information. Nous reprenons une parcelle de notre propre matière pour l’observer, la réorienter, la reciseler et la placer dans l’orchestration présente. Notre mémoire est la pâte dont nous sommes fabriqués. Elle contient des points durs et des zones aérées, des couches de couleurs différentes. Elle n’offre pas de tableau bien net parce que nous la modelons sans cesse. Comment parvient-on à se modeler soi-même ? Voilà qui est paradoxal. Dans les secrets du monde pronominal, la mémoire s’inscrit comme l’instrument de notre fabrication et de notre métamorphose.

Source: Christine Bergé, L'Odyssée de la mémoire, (première partie, chapitre 6), La Découverte, 2010
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Pas si facile à distinguer la mémoire de l'imagination     le 11/12/2017

Ce passage obligé par le récit, donc par la fabulation, pour la mémoire et celui qui en est, permet bien sûr de rapporter des événements auxquels il a assisté, mais permet aussi d'inventer, d'imaginer. C'est pourquoi, pour Janet ( 1928, p. 298), l'imagination naît de la mémoire et en est une partie. Ainsi, comme le remarque James ( 1915, p. 266-267), " nous racontons plutôt ce que nous voudrions avoir dit ou fait que ce que nous avons réellement dit ou fait; peut-être, lors d'un premier récit, pouvons-nous distinguer la réalité de la fiction ; mais bientôt celle-ci élimine celle-là où elle règne seule désormais ".

De plus par la fabulation, il y a de toute façon une transformation de l'événement et ceci constitue donc toujours un défaut de réalité, un défaut de vérité de la mémoire (Janet, 1928, p. 289)

Ainsi, lors de cette troisième période de l'évolution de la mémoire, imagination et mémoire sont confondues à cause même du mécanisme (la narration) qui permet à la mémoire d'atteindre son but : faire éprouver à un autrui n'ayant pas assisté à un événement ce que le narrateur a éprouvé en assistant à cet événement.

Ce fabuleux développement de la mémoire grâce à la fabulation qui donne au récit une organisation intelligente (Janet, 1936, p. 222) est cependant incomplet, et " pour que la mémoire devienne pratique, il faut qu'elle sorte de cette inconsistance vague dans laquelle la fabulation l'a laissée " (Janet, 1928, p. 299). Si la mémoire était dominée par la seule fabulation, elle serait devenue inutile. Pour devenir consistante et utile, la mémoire a dû faire un nouveau progrès grâce à la création du présent qui rattache la mémoire et la réunit à l'action (Janet, 1926, p. 244-253 ; Janet, 1928, p. 293 ; 310-312 ; Janet, 1929, p. 289).

" Le présent est le moyen de rattacher le récit à l'action des membres et pour cela il faut qu'il transforme cette action elle-même en un récit. [...] le présent est caractérisé par un récit de mon action fait en même temps que l'action " (Janet, 1936, p. 229).
Source: Stéphane Laurens et Topshiaki Kozakaï, Pierre Janet et la mémoire sociale, revue Connexions, 2003/2 (No80)
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Bien réagir en cas de coup dur?     le 06/11/2017

« Vous n’avez pas le choix ! » Que c’est dur d’entendre cette phrase et d’avoir à faire face à une situation qui nous déplaît, mais que nous n’avons pas la possibilité d’éviter.

La perte de confort se profile comme imminente quand des faits graves viennent nous déranger dans le petit monde fait à notre mesure, dans lequel nous avions réussi à nous sentir bien. Le désagrément est encore plus fort du fait que nous ne vivons pas dans une culture du fatalisme et de la résignation, mais qu’au contraire, autour de nous, c’est toujours le même refrain que nous entendons, celui qui dit que nous sommes modernes, donc libres de choisir selon nos préférences.

Et pourtant cela ne marche pas à tous les coups. Il y a des situations où simplement il s’agit de suivre des directives qui viennent de plus haut. Il y a des accidents qui font que la santé est atteinte. Il y a la liberté des autres, hors de notre contrôle, qui parfois blesse même involontairement.

Admettons que nous soyons en séance d’hypnose. J’essaye de me situer en empathie avec vous, dans cette difficulté récente, insurmontable : vous n’avez pas le choix et vous en faites une maladie, au sens d’une souffrance psychologique.

Que puis-je faire pour vous dans ce cas, pour vous aider à mettre en cours une dynamique plus positive, sans me limiter, comme feraient d’autres, à proposer les phrases de consolation censées adoucir le malheur en le relativisant ?

Car il y a des situations où il ne suffit pas de vouloir changer les idées en relativisant. Et je dirais même que le problème consiste justement dans le fait que la situation inconfortable elle-même est provoquée par une sorte de fatalité conduisant à une nécessité de relativiser qui ne nous laisse pas le choix. Ce changement est commandé par une autorité externe et non pas une nécessité ressentie comme intérieure. Aucun remède n’est donc apporté avec cette phrase de consolation, qui en réalité n’est qu’une phrase de description du monde dévasté dans lequel se meut celui qui souffre. L’injonction à relativiser ne fait rien d’autre que de remuer le couteau dans la plaie.

Parlons donc de la méthode hypnotique. Elle consiste à retrouver l’état d’enchantement préexistant à l’accident. Qu’est-ce que cela ? Cela signifie que le confort mental, en temps ordinaire, suppose que nous vivions dans l’enchantement de nos propres croyances organisées en système. A ce stade ça roule, c’est fluide et il n’y a aucune nécessité à mettre en question un système qui fonctionne en le relativisant. Mais l’accident survient comme un grain de sable dans un engrenage, grippant le fonctionnement de toute la machine. Ceci se passe dans l’immatériel des croyances, qui perdent leur lumière et que nous devons réexaminer pour savoir si nous pouvons les garder ou si nous devons les éliminer, après les avoir relativisées. C’est un travail qui pourrait sembler interminable, puisque nous avons des centaines, voire des milliers d’idées et de représentations.

Le désanchantement des croyances c’est la perte de leur lumière. A ce stade une personne est vulnérable et elle risque fort de succomber à la domination de tiers, en particulier si l’absence de choix relève de directives élaborées par un système de pouvoir qui a une prise sur la vie de cette personne, quand, dans la vie professionnelle il y a des chefs dont le système de croyances n’est pas attaqué et quand ces chefs se complaisent dans leur posture de dominants. Ou quand dans la famille il y a des personnes qui tiennent cette capacité à manipuler en déstabilisant.

Combien de fois cette perte de l’autorité intérieure est survenue chez des personnes qui vivent des pressions dans leur milieu professionnel, voire dans leur milieu familial ? Combien de fois la santé n’a pu être retrouvée qu’après un changement d’emploi, un divorce ou une séparation ?

Chaque cas est particulier, mais dans le cadre d’une séance d’hypnose il me semble intéressant de travailler sur la notion d’enchantement et de luminosité du système de croyances, suite à un coup dur. Sans chercher à analyser de près la configuration de l’enivronnement où se trouvent ces éléments impondérables, difficiles à intégrer, qui obligent à une relativisation du mode de penser, il s’agit de viser une seule chose, un peu de confort psychologique en retrouvant quelque part, dans un lieu intérieur, une zone protégée où l’enchantement peut à nouveau reprendre de la vigueur.
Source: Forum Saresca Hypnose
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En cas de stress     le 04/11/2017

Si vous souffrez d’un problème lié au stress comment pourrriez vous tirer parti d’une séance d’hypnose adaptée à améliorer votre situation ? Je vous répondrais que tout dépend de la manière dont vous allez m’expliquer plus en détail votre problème, si vous venez me consulter. Car il n’y a pas de suggestion hypnotique qui puisse avoir lieu sans que j’aie un minimum d’informations concernant votre état et les changements que vous désireriez apporter en tant que "remèdes" à une souffrance. Si ce qui vous procure de l’inquiétude est un état de stress qui ne vous lâche que difficilement, il est probable que je m’en irai explorer avec vous précisément ce point, qui est ce que vous ressentez au moment où le stress enfin vous lâche. La sensation de liberté et de légèreté caractéristique de l’absence de stress, comment peut-on la rendre plus consistante, de sorte à ce que le stress revienne moins facilement ?
Comme j’ai ma petite idée, je vais vous l’expliquer, même si je pense que l’idée en soi, si vous la comprenez, n’ait pas un effet vraiment thérapeutique, car pour cela il faudrait plutôt vivre un échange en séance d’hypnose. Mais le mécanisme est le suivant : quelqu'un qui souffre de stress n’a qu’une envie, c’est de trouver un moment de calme dans sa vie. Il est pressé par cette envie, c’est quasiment inévitable.
Que va-t-il donc se passer lorsqu’enfin arrivent les vacances ou le week-end ? Ou même losrqu’arrive l’heure d’aller se coucher ou de s’affaler devant la télé ? Quand cette personne arrive enfin à baisser de régime, elle entre spontanément dans un état hypnotique. Laissons tomber l’hypnose devant la télé, puisqu’il s’agit d’une situation où la personne accepte de se laisser influencer par des suggestions qui proviennent de cette source médiatique. Un enjeu de taille serait de choisir les bons programmes, dans l’idée que les suggestions contenues pourraient l’affecter positivement, en combattant et diminuant la sensation de stress. Dans les autres cas, la plongée spontanée dans l’état d’engourdissement hypnotique est juste une sorte d’évacuation des tensions endurées durant la période où il a fallu faire face à toutes sortes de défis dans la vie active. Ce processus peut prendre 5 minutes ou 5 heures, voire 5 semaines. Certains mettent beaucoup de temps à s’endormir à cause de cela et auront des nuits de sommeil très courtes, quand le réveil est activé et qu'une nouvelle journée de travail se profile le lendemain. Ils risquent fort d'arriver au travail diminués, ce qui risque d’accroître la souffrance liée au stress, dans une sorte de spirale descendante vers le burn out.
Ce que l’hypnothérapeute peut proposer c’est donc une stratégie pour aider ces personnes à sortir d'un cercle vicieux. Il doit trouver une ou plusieurs suggestions, adaptées, permettant à ceux qui souffrent de stress de reprendre en main la situation.
Je commencerais donc par explorer ce désir de se vider de toutes les tensions qui vient inévitablement assaillir une personne très stressée. Et je ferais la suggestion de passer progressivement à un autre désir, celui d’avoir sa vie en main. Le passage d’un désir à l’autre, c’est possible, c’est faisable. Et il y a plus de chances que cela marche grâce à un accompagnement personnalisé, en séance individuelle d'hypnothérapie.
Il y a un passage nécessaire, pour désirer avoir sa vie en main, qui est de cesser de considérer qu’il faut beaucoup de temps pour se vider des tensions endurées. Ce n'est pas une réaction naturelle, c'est pourquoi elle doit être suggérée. Cette étape peut être raccourcie, afin d’utiliser les moments de détente, dans un sens plus profitable, plus sain. Il s’agit de développer l’envie d’anticiper ce qui va se passer le lendemain, en comprenant comment le corps va arriver à se mettre en action plus facilement s’il est conduit par une conscience qui est connectée, au moins un peu, aux manifestations de l’intériorité, c’est-à-dire à ces sensations internes de rythme et de pulsation, d’énergie et d’équilibre, de chaud et de froid, etc. Cette connexion ne signifie pas que la personne soit passive, bien qu’il faille, au départ, que le désir de mieux ressentir les manifestations corporelles, y compris les émotions, se mette en place dans un moment de forte détente, et je dirais même de transe hypnotique.

Source: Forum Saresca Hypnose
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Retrouver le sens de l'espace existentiel     le 15/10/2017

Se plaçant sous l'éclairage de la phénoménologie existentielle, la géographie humaniste se veut une réponse à une géographie scientifique trop dogmatique, trop abstraite, trop mécaniste et trop étroite dans son approche. Elle met davantage l'accent sur l'étude des intentions, des valeurs et des buts d'un groupe humain donné. Son postulat central est le suivant: "l'espace vécu est le monde de l'expérience immédiate, antérieur à celui des idées scientifiques". La géographie humaniste estime donc que beaucoup d'abstractions ne sont pas forcément fondées sur les assises de l'expérience vécue.
(...)
Les procédures scientifiques qui séparent les sujets et les objets, la pensée et action, les gens et leurs environnements sont inadéquates pour analyser le monde vécu. Les humanistes pensent donc que les descriptions géographiques de l'espace ont trop longtemps négligé différentes facettes de l'expérience humaine. Le sens des lieux, les liens affectifs avec les paysages, le genius loci, les rythmes temps-espace forment autant éléments pouvant apporter un support humaniste à la géographie. La phénoménologie forme donc bien la base philosophique éclairant cette nouvelle démarche en géographie.
(...)
Antiscientiste parce elle rejette l'attitude prétendant résoudre tous les problèmes par la science. Antipositiviste parce elle s'oppose à la systématisation de la pensée humaine et à cette tendance à réduire la réalité aux lois que l'esprit peut en dégager. La phénoménologie repousse donc l'idée que la vérité et la certitude n'existent que par la science. Elle n'admet pas qu'on doive rejeter comme non valide tout autre niveau d'explication. La phénoménologie estime donc que la pensée peut atteindre d'autres vérités que celles atteintes par les lois scientifiques Elle rejette le néo-positivisme qui veut traiter les comportements humains selon des formules mathématiques. Antiréductionniste parce elle oppose toute forme de pensée visant ramener les attitudes humaines aux lois de la physique.
(...)
La démarche phénoménologique apparaît comme non conventionnelle et non conformiste parce qu'elle pose des questions à l'inverse de la démarche dite scientifique. Ce qui importe, c'est de révéler la nature de l'expérience humaine plutôt que d'expliquer et de prédire le comportement humain. Cette description du monde quotidien de l'expérience vécue englobe donc les actions, les mémoires, les fantaisies, les perceptions et les rêves. C'est donc une méthode qui récuse toute rationalité, toute hypothèse ou concept a priori, toute grille d'analyse pré-établie et tout énoncé de lois a posteriori.

La phénoménologie postule ainsi un principe intangible pour elle: "toute connaissance procède du monde de l'expérience et ne peut être indépendante de ce monde. Il n'y a pas un monde unique et objectif mais une pluralité de mondes". Sous cet angle la phénoménologie n'apparaît pas comme une anti-science irrationnelle mais davantage comme un rejet de l'absolutisme et de la dictature de la pensée scientifique positiviste sur toute autre forme de pensée. En d'autres mots la science n'est pas le seul moyen pour comprendre le monde. Au lieu de partir de théories, de concepts et de présupposés scientifiques, la phénoménologie décrit rigoureusement les mondes vécus de l'expérience humaine. La méthode phénoménologique fournit un nouvel éclairage sur les relations entre l'homme et la nature. Cette méthode met en relief les limites des approches quantitatives et positivistes. L'homme est l'ultime point de référence pour tous les objets et faits de nature; aussi le monde ne peut être compris qu'à partir des attitudes et des intentions de homme vis-à-vis de lui. Les faits ne sont pas les seuls objets de la connaissance. Les émotions, les sentiments, les sens et les images le sont aussi. La description phénoménologique n'est pas ébauchée à partir d'une simple observation mais elle est plutôt une démarche réfléchissante sur l'expérience.

L'accumulation des expériences aboutit à une authenticité, c'est-à-dire à des faits qui sont véritablement de leur auteur. Elles expriment une vérité profonde de l'individu et non des habitudes superficielles ou des conventions.
(...)
Le sens humain de espace terrestre (...) Elle va bien au-delà de la connaissance géographique scientifique ou de la connaissance géographique systématisée jusqu'à maintenant par les géographes. Prenant en compte le domaine périphérique tout entier, elle recouvre les idées géographiques, à la fois vraies et fausses, de toutes sortes de gens - pas seulement celles des géographes, mais aussi celles des fermiers et des pêcheurs, des hommes d'affaires et des poètes, des romanciers et des peintres, des bédouins et des Hottentots - et pour cette raison elle a nécessairement un lien avec des conceptions subjectives.
(...)
A la la frontière du monde matériel, où insère activité humaine, et du monde imaginaire, ouvrant sa symbolique à la liberté de l'esprit, nous rencontrons ici une géographie intérieure, primitive, où la spatialité originelle et la mobilité profonde de l'homme dessinent des directions, tracent des chemins vers un monde autre... L'expérience géographique si profonde et si simple invite l'homme à prêter aux réalités géographiques une sorte d'animation et de physionomie, où revit son expérience humaine intérieure ou sociale.
(...)
La réalité géographique pour l'homme, c'est d'abord là où il est, les lieux de son enfance, l'environnement qui le convoque à sa présence. Des terres qu'il foule ou qu'il laboure, l'horizon de sa vallée, ou bien sa rue, son quartier, ses déplacements quotidiens à travers la ville. Toujours solidaire d'une certaine tonalité affective, la réalité géographique ne requiert pas pour autant une géographie pathétique, un romantisme de la terre.
(...)
L'approche humaniste est éminemment égocentrique alors que la démarche néo-positiviste est libre de tout ego.
Source: André-Louis Sanguin, La géographie humaniste ou l'approche phénoménologique des lieux, des paysages et des espaces, Annales de Géographie, 1981, pp. 560-587
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L'inconscient cognitif, par distinction avec l'inconscient freudien     le 25/08/2017

Comme le souligne Lionel Naccache dans son livre sur le nouvel inconscient, de nombreux aspects de la théorie freudienne ne trouvent pas de soutien ou simplement pas d’équivalent dans les sciences cognitives contemporaines, pas encore peut-être, mais moi, je crois que la division est un peu plus radicale que cela, et donc la notion de l’inconscient qui serait intelligent, qui serait doté en soi de l’intention, des désirs qui lui sont propres, l’idée que l’infantile est la source de tout l’inconscient, l’idée qu’il y a le processus actif de refoulement qui renvoie vers le non conscient des idées qui seraient dangereuses ou qui demanderaient être censurées, ces questions-là n’ont pas d’équivalent, à ma connaissance, dans la psychologie contemporaine. Pour éviter toute confusion avec les constructions théoriques freudiennes, vous avez vu que j’aime le terme d’inconscient cognitif qui était proposé par Kihlstrom ou tout simplement le terme neutre de non conscient qui réfère de façon absolument neutre à l’ensemble des processus qui s’exécutent en l’absence de prise de conscience de la part du sujet.
Source: Stanislas Dehaene, conférence intitulée: L'inconscient cognitif : une introduction historique et critique, janvier 2009, Collège de France.
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