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Qui suis-je? Une exploratrice des ressentis.     le 31/05/2020


Qui suis-je?

Je m'appelle Sandra, j'ai des décennies d'expérience dans l'accompagnement aux personnes. D’abord, j’étais dans une activité professionnelle de soutien pédagogique pour les enfants en difficulté, à l'école publique. J'ai ensuite développé un intérêt pour les histoires de vie des adultes, dans le cadre de recherches de terrain, dans l’étude de l’anthropologie (licence et master universitaires). Enfin je me suis formée en hypnothérapie et depuis plus de 3 ans, je reçois des personnes qui traversent des difficultés. Le soin par l’hypnose, comme je le pratique, ce n’est pas de la magie, mais d'un temps dédié à comprendre comment quelqu'un se sent à l'intérieur, qu'est-ce qui bloque et avec quel élan il lui sera possible d'avancer ver un objectif ou dans la direction souhaitée.

Un état d'hypnose légère se crée quand les conditions du dialogue sont tranquilles et que le regard porte sans pression ni urgence sur des réalités intérieures, des ressentis. C'est un moment où grâce à l’encouragement provoqué par l'écoute bienveillante, il sera aussi possible de se projeter ailleurs dans le temps ou l'espace. Car l’expression du ressenti appelle une réponse du thérapeute, qui verbalisera en retour quelque idées, venant amplifier ou redimensionner ces aspects saillants. L’intervenant peut aussi, en mode PNL (Programmation Neuro Linguistique, technique dont je possède également des qualifications de praticienne), proposer des recadrages, c’est-à-dire questionner le rôle utile ou inutile de certaines croyances.
La réalité des impressions du monde intérieur sera amplifiée au cours de la session par le fait que c’est le centre d'attention combiné des deux personnes en communication. De cette façon, une créativité peut se mettre en marche quand des images s’imposent par leur intensité. Cette créativité vivante sera la force qui permettra d’avancer, même si ensuite, une fois la séance terminée, il s’agira de retomber dans le concret et de s’exprimer davantage avec de mots conventionnels plutôt qu’en mode métaphorique. Il restera des traces de l’expérience hypnotique, même dans les cas d’hypnose conversationnelle assez légère.

Celui qui exprime sa propre vision du ressenti va mettre en lumière des zones d’ombre, créant, par cette opération un potentiel de détachement par rapport à certaines émotions ou douleurs intrusives, par rapport à l'impuissance ou l’incapacité à réagir, par rapport au manque de quelque chose ou de quelqu'un (deuil à traiter). Ceux qui ont besoin de remonter le temps, de réparer quelque chose de mal vécu, peuvent demander à entrer dans la pratique de l'hypnose régressive. En revanche, ceux qui ne se sentent pas sûrs des défis à venir, ressentis comme des obstacles impossibles à franchir, angoissants, peuvent demander à entrer dans la pratique de l'hypnose tournée vers l'avenir, qui fera vivre à l'avance l'événement redouté, dans des conditions favorables et sécurisées, créant la confiance dans les compétences d'exécution. L'hypnose et la thérapie symbolique permettent également de trouver de meilleurs points d'appui en cas de problèmes relationnels.

Source: Page Facebook de Saresca-Hypnose
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Comment se déroule une séance à distance, grands axes     le 31/05/2020

Pour faire connaissance (à distance)
Pour traiter une problématique personnelle, 2 séances d'au moins une heure sont généralement envisagées. Il est donc possible de choisir directement cette option associée à l’option "Approfondissement" même si la réservation de la deuxième séance aura lieu ultérieurement, avec un écart d'une ou deux semaines.
La session aura lieu via appel vidéo sur Messenger, Whatsapp ou Skype. Vous resterez assis en ayant une sorte d'appuie-tête à l’arrière, et vous libérerez vos mains de la tâche de tenir le téléphone, en le posant sur un support devant vous (une table).


Approfondissement
Dans l'intervalle entre deux sessions, il arrive que le travail de changement s'amorce, lentement, de façon spontanée en partant de l’inconscient. Pour ma part j’utilise ce temps entre la première et la seconde séance pour une analyse me permettant d'élaborer certaines propositions, qui viendront stimuler l’évolution que vous avez manifesté souhaiter dans le cadre de la première séance.


Thérapie apaisante
Dans le cas où une personne vit dans un état de stress et ne parvient pas à s'en sortir seule. Cela peut être dû au travail professionnel, à une situation familiale avec de jeunes enfants, à des examens à passer, à l'insomnie, à des états de panique ou à des phobies. Pour aller au fond du problème, prévoyez au moins 2 séances, même à distance.


Thérapie énergisante
Aider une personne en état de blocage, de deuil, de dépression légère, d'impossibilité de se manifester ou d'agir de manière concentrée et efficace. Il peut également s'agir de problèmes physiologiques tels que douleurs chroniques, surcharge pondérale, migraines, perte d'appétit. Il vaut mieux prévoir 2 séances pour obtenir un résultat.


Thérapie relationnelle
Cela peut être un problème relationnel qui affecte la vie d'un couple, et je peux recevoir chacun des conjoints séparément, distance. Il peut s'agir de parents avec de jeunes enfants ou adolescents, ou d'adultes avec des parents âgés. Par ailleurs le problème peut être aussi celui d'une timidité excessive avec des personnes non familières ou de contacts difficiles avec des collègues de travail ou des voisins. Nous en parlons et ensemble nous cherchons intérieurement la force permettant de surmonter ces situations.


Source: Page Facebook de Saresca-Hypnose
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Quel genre de surmoi permet à l'imagination créatrice de se développer?     le 19/05/2020

"Le désir échappe en grande partie au contrôle du " directoire interne ", restrictif et coercitif, alors qu'il peut être soutenu par la part encourageante du surmoi. La fierté d'être soi, en vie, sensible et ouvert au monde, à la rencontre est la meilleure configuration pour désirer

Lorsque les exigences du surmoi sont minimales, le désir peut se déployer : l'imagination créatrice trouve alors l'espace et l'énergie nécessaires à son développement. Il s'agit là d'un aspect capital non seulement de la santé psychique, mais aussi de l'épanouissement.

L'imagination n'est pas l'imaginaire, qui correspond à l'ensemble des croyances, fantasmes et leurres intriqués de chaque individu. Au contraire, l'imagination est la capacité sensible de chacun à jouer avec des images internes1 originales, et à les assembler de façon à créer des fantaisies, des histoires et des mondes. Le rêve et la rêverie sont les manifestations les plus courantes de l'imagination ; la création artistique en est une autre forme. Alors que le surmoi ne propose que des clichés, des fantasmes, des images mortes, fixes, à suivre à la lettre, l'imagination inclut en elle la dynamique du changement, elle est vitale et dynamisante".

Source: Saverio Tomasella, Le surmoi: il faut, je dois..., Editions EYROLLES, 2009, pp 79-80
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L’imaginaire : réalité ou fiction ?     le 26/03/2020

L’imaginaire fait partie de toutes les sociétés, de la plus archaïque à la plus civilisée : « Nous savons que l’homme vit et survit encore grâce à l’imagination. Notre monde rationnel continue à baigner dans une magie diffuse. » Chacun de nous a la faculté ou le pouvoir, et certains plus que d’autres, de former des images et de les combiner en vue de son propre discours. Ces images ne renvoient pas nécessairement au réel ; elles peuvent n’être parfois que l’idéalisation, la projection ou même la profanation d’une réalité hypothétique. L’imaginaire est réel ou fictif. Fictif, il peut conduire au délire. Sartre voit dans l’imaginaire une certaine façon qu’a l’objet de paraître à la conscience ou, si l’on préfère, une certaine façon qu’a la conscience de se donner un « objet », qui pourrait aller jusqu’à l’absence et même l’illusion. D’autres, de l’école réaliste, acceptent l’imaginaire comme un état naturel quoique provisoire : l’état d’un être en quête d’idées et d’action. Récupéré par la sagesse populaire, l’imaginaire apparaîtra comme l’effet d’un esprit créateur et libéré ou comme la menace à éviter si l’on ne veut pas enchaîner sa raison et l’entraîner à la démission totale.
La tendance fut longtemps d’opposer imaginaire et rationnel, comme on opposerait vice et vertu. « Méfie-toi de ton imagination », la « folle du logis » ; « ça ne te mènera nulle part d’imaginer que... » ; « tu as des imaginations ». Le malade imaginaire ! Mais, en ces derniers temps, et on peut l’écrire maintenant sans trahir, on est peu à peu revenu à la « raison » : Freud, Breton, Bachelard, Durand, Sartre et d’autres, Caillois en particulier, ont célébré l’imagination, et conséquemment l’imaginaire, le merveilleux, voire le sacré.

Source: Benoît Lacroix - Imaginaire social et représentations collectives (1982) Mélanges offerts à Jean-Charles Falardeau.
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Comme en médiation, on favorise l'individualisme relationnel     le 15/12/2019

La promotion d’un individualisme relationnel

Le fait de placer l’individu au cœur de la régulation sociale, de le considérer comme porteur de sa propre parole, s’intègre dans le projet individualiste postmoderne. Le glissement d’un imaginaire juridique adossé sur des valeurs collectives à un imaginaire démocratique qui donne à chacun la possibilité d’être producteur de droit en est une des meilleures illustrations. L’éthique de la médiation propose en effet que les conflits ne soient pas réglés par rapport à une norme transcendante (prêt-à-porter juridique) mais par un accord conclu entre leurs protagonistes (sur mesure juridique) (...). Considérer que chacun est en mesure de devenir son propre législateur représente naturellement une subjectivisation de la norme et constitue une entorse au modèle jupitérien (...) d’une loi toute-puissante fondée sur la Raison. Bien sûr, cet individualisme n’est pas sans danger. Il est généralement associé à la dictature du marché, au libéralisme sauvage, aux inégalités. Il est considéré comme un facteur d’égoïsme et d’indifférence. Et il est vrai que l’émergence d’une société d’individus rend aléatoire la production d’un monde commun. La culture du « narcissisme », qui sécrète une incapacité à communiquer, engendre les phénomènes de rejet de l’autre, s’avère destructrice à bien des égards.

Mais en même temps, l’individualisme porte de grandes espérances (...). Il est associé à la progression de la défense des droits de l’homme qui place l’individu sujet de droits au cœur du projet social. Sans la philosophie individualiste, les femmes n’auraient pas pu s’émanciper, le droit d’expression des minorités n’existerait pas. Mais cet individualisme créateur n’est pas spontané. Il est l’aboutissement d’une conquête. La médiation en constitue un des outils. En responsabilisant les personnes, en leur permettant de découvrir l’altérité par le dialogue et la communication, elle les inscrit dans un lien social. Elle participe d’une rationalité communicationnelle, contribue à la création d’un espace public reposant sur une éthique de la discussion (...). L’individu n’y est plus défini par les institutions ou les autorités, mais il se définit lui-même au cours d’un processus d’échange et de reconnaissance interpersonnelle. La médiation peut ainsi permettre d’aider les individus à passer d’un individualisme narcissique à un individualisme relationnel qui permet de vivre les uns avec les autres et non les uns à côté des autres. Mais ce passage ne se fait pas aisément du fait de l’émiettement des identités collectives et de l’absence d’une culture de médiation qui verrait les citoyens recourir spontanément à des régulations compréhensives et pacifiques.

Source: Jacques Faget - L'impensé de la médiation : contre-culture ou soft power ? - Empan 2008/4 (n° 72), pp 74-80
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Incantation: l'efficacité symbolique du chamanisme     le 19/11/2019

Dans un article intitulé L'efficacité symbolique (1949), l'ethnologue Claude Lévi-Strauss relate comment un chamane maîtrise un accouchement difficile, au moyen de longues incantations.

Chez les Cuna, amérindiens du Panama, l'intervention du chamane dans les accouchements est rare. Elle n'a lieu qu'à la demande de la sage-femme lorsqu'elle échoue à mener celui-ci à son terme. Les accouchements difficiles sont, en effet, expliqués par un mythe local.

Muu qui est le purba, l'« âme-puissance », responsable de la formation du fœtus agit de manière dévoyée. Il s'empare des purba des autres organes de la mère, ce qui compromet la naissance.

La longue incantation que le chamane oppose à cette situation relate une quête. Celle qu'il entreprend pour délivrer les purba retenus par Muu. Cette quête comprend maintes péripéties : franchissements d'obstacles, victoires sur des animaux féroces et combat final contre Muu. Pour surmonter ces différentes épreuves, le chamane est secondé par des esprits protecteurs, figurés par des images en bois.

Tout au long de l'incantation, le chamane demeure accroupi, sous le hamac de la femme en couches. Il ne la touche pas. Il ne lui administre pas de remèdes. En revanche, son chant met explicitement en cause l'état pathologique et son siège.

L'utérus constitue, en effet, le théâtre de la quête. Le chamane et ses alliés s'y introduisent pour libérer l'enfant à naître.

La partie de l'incantation qui concerne le combat final contre Muu est restreinte. A l'inverse, la peinture des différents protagonistes et de l'univers intra-utérin est très détaillée.

La technique incantatoire
La technique incantatoire adopte une tournure obsédante. Le chant oscille rapidement entre les descriptions de l'état physique de la malade et les éléments mythiques de la quête. D'une part, des images de la femme gisante, de ses gémissements, de ses spasmes, de sa vulve dilatée, des écoulements de sang... D'autre part, les invocations et les descriptions des activités de Muu, des équipements magiques des esprits secourables, des lieux mythiques qu'ils traversent...

Les douleurs sont personnifiées sous la forme d'animaux féroces.

La partie du chant qui suit la défaite de Muu concerne la libération de l'enfant. Le chamane mobilise tous ses alliés. Il convoque même des nouveaux renforts, les « ouvreurs de route », animaux fouisseurs tels que le tatou. Tous agissent pour élargir la voie et aider à la descente du bébé.

L'efficacité symbolique, donner du sens...
Pour Lévi-Strauss, le succès de l'intervention du chamane est conditionné par sa maîtrise de la technique incantatoire. La femme en couches doit recevoir le mythe, de manière à ce que celui-ci s'amalgame aussitôt, avec l'expérience qu'elle est en train de vivre.

Dans l'esprit de la future mère, la distinction doit s'abolir entre les éléments mythiques et ses sensations ou ses émotions.

Si l'homme de l'art parvient à ce résultat, alors il réalise un passage "de la réalité la plus banale au mythe". Dès lors que la malade vivra le mythe, l'accouchement sera déclenché.

La cure chamanique consisterait à rendre pensable et acceptable, pour l'esprit de la parturiente, une situation a priori arbitraire et intolérable. Avec l'aide du chamane, la malade établit une relation entre symboles (actions d'animaux et d'esprits maléfiques ou bénéfiques...) et choses symbolisées (douleurs, spasmes, travail de délivrance...).

Pour l'anthropologue, c'est ce passage de l'expérience corporelle et affective, à une forme ordonnée et intelligible qui provoque le déblocage physiologique.

L'efficacité symbolique correspondrait à cette propriété inductrice de la pensée, sur le processus organique.

Source: Gilles Sarter, L'efficacité symbolique du chamanisme, site secession.fr
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Thérapie narrative, conversations hypnotiques     le 13/07/2019

Résumé : La thérapie brève est centrée sur la question du sens et de l'identité, à la différence des thérapies stratégiques et solutionnistes, on s’intéresse à comment une personne rend compte de son ressenti corporel à travers le langage.

En pratique, ceux qui pratiquent les thérapies narratives, cherchent dans une conversation à mettre en évidence des moments où la personne qui consulte se sentent vivante, quand elles se sent à sa place, quand elle se sent en relation avec ce qu’elle veut faire de sa vie, quand ses intentions sont en rapport avec ses actions, quand elle se sent elle-même. Une fois qu’elle a trouvé ce type d’expérience on la fait décrire en détail, envisageant de faire partager ces moments avec des personnes ressources qui partagent les mêmes valeurs.

En même temps que la personne décrit son expérience des moments où elle se sent elle-même, elle en vient à réfléchir sur sa propre vie, ce qui crée la conditions pour qu’elle puisse faire de nouveaux choix, en sachant bien ce qu’elle veut.

La thérapie narrative est arrivée assez récemment en France, vers 2000. Avant on y faisait recours occasionnellement dans les thérapies systémiques. Elle s’inscrit dans un courant postmoderne où on s’intéresse au sujet et à sa singularité, plutôt qu’à des raisons générales.

Les personnes qui pratiquent ces approches sont en grande partie des praticiens qui sont dans les milieux ericksonniens. La thérapie narrative est une conversation de nature hypnotique qui permet à la personne de rentrer et d’habiter son corps, et de sortir d’une logique qui est une logique cognitive, basée sur la représentation, pour entrer dans un langage incarné. Ce type de conversation est hypnotique, du moment que le but de l’hypnose est de permettre à quelqu'un d’entrer dans son corps et d’accueillir son propre ressenti sensoriel. L’hypnose est le moment où le processus de réassociation a lieu. Il est question d'aider ceux qui n'y arrivent pas en posant des questions adéquates.

Source: Julien Betbèze, vidéo de 2017, interview sur la thérapie narrative
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Orientation vers un futur, organisé en liberté     le 09/07/2019

Texte de Charles Pépin, philosophe, intitulé: "Le jour où Sartre a répondu à Freud"

Connaissez-vous la proposition sartrienne d’une « psychanalyse existentialiste »? Sartre était tellement fasciné par Freud qu’il a essayé de fonder une forme de psychanalyse concurrente, reposant sur l’idée… que l’inconscient n’existe pas ! Ce que Freud nomme l’inconscient n’est pour Sartre qu’une conscience de mauvaise foi : l’homme ne veut pas voir ce qu’il a refoulé, mais qu’il a bien dû « voir » au moment de le refouler – sinon, il n’y aurait pas eu refoulement. Nul inconscient profond chez Sartre, ni de libido exprimant l’intensité de l’énergie associée aux pulsions refoulées, juste une zone de la conscience que l’homme ne veut pas voir, incapable de cette honnêteté vis-à-vis de lui-même.

L’inconscient ainsi redéfini, et donc nié, ne peut en conséquence déterminer l’homme à être ce qu’il est : l’homme n’est plus déterminé par son passé; il est libre de s’inventer à chaque instant. Comment refonder la psychanalyse si l’on pense que l’individu n’est pas le produit de son passé ? En proposant, comme Sartre dans L’Être et le Néant, d’allonger les individus pour leur permettre d’entendre, non pas leur passé… mais leur avenir ! De trouver un projet capable de redonner du sens à leur vie, de rendre leur passé supportable, voire d’en faire une force.

Pour Sartre, le passé n’existe pas : il n’a aucune réalité objective. Il se donne à nous en fonction de la manière dont nous nous projetons dans l’avenir. Reste à trouver le projet – la finalité – qui changera l’obstacle (un passé douloureux) en opportunité. L’angoisse, qui plongeait selon Freud ses racines dans notre passé, s’éclaire alors chez Sartre de notre rapport à l’avenir. Vous avez le vertige, une peur phobique des balcons trop élevés ? Inutile d’aller chercher dans votre enfance l’introuvable clé de l’énigme. C’est l’avenir qui vous angoisse, l’avenir tout proche : de ce balcon, vous pourriez vous jeter dans le vide. Finalement, c’est votre liberté qui vous angoisse, cette liberté qui peut être « monstrueuse », l’angoisse devenant le symptôme de cette douloureuse prise de conscience de votre liberté.

Pour en sortir, il s’agissait chez Freud de saisir la manière dont nous sommes pris dans le destin, Sartre nous propose d’assumer pleinement cette liberté qui est aussi l’origine de notre angoisse. Toujours la même histoire : la liberté contre le destin. On imagine très bien le dialogue entre les deux. Freud : « Ainsi, vous proposez simplement de guérir les hommes en leur donnant un projet ? » Sartre : « Eh bien oui, c’est toujours mieux que de leur donner un destin ! » C’est probablement Freud qui a raison. Mais Sartre plaît beaucoup plus aux partisans de thérapies brèves et aux coachs pressés, par temps de crise, de « changer les obstacles en opportunités »…

Source: Charles Pépin, "Le jour où Sartre a répondu à Freud", décembre 2010, Psychologies.com
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