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Comme en médiation, on favorise l'individualisme relationnel     le 15/12/2019

La promotion d’un individualisme relationnel

Le fait de placer l’individu au cœur de la régulation sociale, de le considérer comme porteur de sa propre parole, s’intègre dans le projet individualiste postmoderne. Le glissement d’un imaginaire juridique adossé sur des valeurs collectives à un imaginaire démocratique qui donne à chacun la possibilité d’être producteur de droit en est une des meilleures illustrations. L’éthique de la médiation propose en effet que les conflits ne soient pas réglés par rapport à une norme transcendante (prêt-à-porter juridique) mais par un accord conclu entre leurs protagonistes (sur mesure juridique) (...). Considérer que chacun est en mesure de devenir son propre législateur représente naturellement une subjectivisation de la norme et constitue une entorse au modèle jupitérien (...) d’une loi toute-puissante fondée sur la Raison. Bien sûr, cet individualisme n’est pas sans danger. Il est généralement associé à la dictature du marché, au libéralisme sauvage, aux inégalités. Il est considéré comme un facteur d’égoïsme et d’indifférence. Et il est vrai que l’émergence d’une société d’individus rend aléatoire la production d’un monde commun. La culture du « narcissisme », qui sécrète une incapacité à communiquer, engendre les phénomènes de rejet de l’autre, s’avère destructrice à bien des égards.

Mais en même temps, l’individualisme porte de grandes espérances (...). Il est associé à la progression de la défense des droits de l’homme qui place l’individu sujet de droits au cœur du projet social. Sans la philosophie individualiste, les femmes n’auraient pas pu s’émanciper, le droit d’expression des minorités n’existerait pas. Mais cet individualisme créateur n’est pas spontané. Il est l’aboutissement d’une conquête. La médiation en constitue un des outils. En responsabilisant les personnes, en leur permettant de découvrir l’altérité par le dialogue et la communication, elle les inscrit dans un lien social. Elle participe d’une rationalité communicationnelle, contribue à la création d’un espace public reposant sur une éthique de la discussion (...). L’individu n’y est plus défini par les institutions ou les autorités, mais il se définit lui-même au cours d’un processus d’échange et de reconnaissance interpersonnelle. La médiation peut ainsi permettre d’aider les individus à passer d’un individualisme narcissique à un individualisme relationnel qui permet de vivre les uns avec les autres et non les uns à côté des autres. Mais ce passage ne se fait pas aisément du fait de l’émiettement des identités collectives et de l’absence d’une culture de médiation qui verrait les citoyens recourir spontanément à des régulations compréhensives et pacifiques.

Source: Jacques Faget - L'impensé de la médiation : contre-culture ou soft power ? - Empan 2008/4 (n° 72), pp 74-80
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Incantation: l'efficacité symbolique du chamanisme     le 19/11/2019

Dans un article intitulé L'efficacité symbolique (1949), l'ethnologue Claude Lévi-Strauss relate comment un chamane maîtrise un accouchement difficile, au moyen de longues incantations.

Chez les Cuna, amérindiens du Panama, l'intervention du chamane dans les accouchements est rare. Elle n'a lieu qu'à la demande de la sage-femme lorsqu'elle échoue à mener celui-ci à son terme. Les accouchements difficiles sont, en effet, expliqués par un mythe local.

Muu qui est le purba, l'« âme-puissance », responsable de la formation du fœtus agit de manière dévoyée. Il s'empare des purba des autres organes de la mère, ce qui compromet la naissance.

La longue incantation que le chamane oppose à cette situation relate une quête. Celle qu'il entreprend pour délivrer les purba retenus par Muu. Cette quête comprend maintes péripéties : franchissements d'obstacles, victoires sur des animaux féroces et combat final contre Muu. Pour surmonter ces différentes épreuves, le chamane est secondé par des esprits protecteurs, figurés par des images en bois.

Tout au long de l'incantation, le chamane demeure accroupi, sous le hamac de la femme en couches. Il ne la touche pas. Il ne lui administre pas de remèdes. En revanche, son chant met explicitement en cause l'état pathologique et son siège.

L'utérus constitue, en effet, le théâtre de la quête. Le chamane et ses alliés s'y introduisent pour libérer l'enfant à naître.

La partie de l'incantation qui concerne le combat final contre Muu est restreinte. A l'inverse, la peinture des différents protagonistes et de l'univers intra-utérin est très détaillée.

La technique incantatoire
La technique incantatoire adopte une tournure obsédante. Le chant oscille rapidement entre les descriptions de l'état physique de la malade et les éléments mythiques de la quête. D'une part, des images de la femme gisante, de ses gémissements, de ses spasmes, de sa vulve dilatée, des écoulements de sang... D'autre part, les invocations et les descriptions des activités de Muu, des équipements magiques des esprits secourables, des lieux mythiques qu'ils traversent...

Les douleurs sont personnifiées sous la forme d'animaux féroces.

La partie du chant qui suit la défaite de Muu concerne la libération de l'enfant. Le chamane mobilise tous ses alliés. Il convoque même des nouveaux renforts, les « ouvreurs de route », animaux fouisseurs tels que le tatou. Tous agissent pour élargir la voie et aider à la descente du bébé.

L'efficacité symbolique, donner du sens...
Pour Lévi-Strauss, le succès de l'intervention du chamane est conditionné par sa maîtrise de la technique incantatoire. La femme en couches doit recevoir le mythe, de manière à ce que celui-ci s'amalgame aussitôt, avec l'expérience qu'elle est en train de vivre.

Dans l'esprit de la future mère, la distinction doit s'abolir entre les éléments mythiques et ses sensations ou ses émotions.

Si l'homme de l'art parvient à ce résultat, alors il réalise un passage "de la réalité la plus banale au mythe". Dès lors que la malade vivra le mythe, l'accouchement sera déclenché.

La cure chamanique consisterait à rendre pensable et acceptable, pour l'esprit de la parturiente, une situation a priori arbitraire et intolérable. Avec l'aide du chamane, la malade établit une relation entre symboles (actions d'animaux et d'esprits maléfiques ou bénéfiques...) et choses symbolisées (douleurs, spasmes, travail de délivrance...).

Pour l'anthropologue, c'est ce passage de l'expérience corporelle et affective, à une forme ordonnée et intelligible qui provoque le déblocage physiologique.

L'efficacité symbolique correspondrait à cette propriété inductrice de la pensée, sur le processus organique.

Source: Gilles Sarter, L'efficacité symbolique du chamanisme, site secession.fr
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Thérapie narrative, conversations hypnotiques     le 13/07/2019

Résumé : La thérapie brève est centrée sur la question du sens et de l'identité, à la différence des thérapies stratégiques et solutionnistes, on s’intéresse à comment une personne rend compte de son ressenti corporel à travers le langage.

En pratique, ceux qui pratiquent les thérapies narratives, cherchent dans une conversation à mettre en évidence des moments où la personne qui consulte se sentent vivante, quand elles se sent à sa place, quand elle se sent en relation avec ce qu’elle veut faire de sa vie, quand ses intentions sont en rapport avec ses actions, quand elle se sent elle-même. Une fois qu’elle a trouvé ce type d’expérience on la fait décrire en détail, envisageant de faire partager ces moments avec des personnes ressources qui partagent les mêmes valeurs.

En même temps que la personne décrit son expérience des moments où elle se sent elle-même, elle en vient à réfléchir sur sa propre vie, ce qui crée la conditions pour qu’elle puisse faire de nouveaux choix, en sachant bien ce qu’elle veut.

La thérapie narrative est arrivée assez récemment en France, vers 2000. Avant on y faisait recours occasionnellement dans les thérapies systémiques. Elle s’inscrit dans un courant postmoderne où on s’intéresse au sujet et à sa singularité, plutôt qu’à des raisons générales.

Les personnes qui pratiquent ces approches sont en grande partie des praticiens qui sont dans les milieux ericksonniens. La thérapie narrative est une conversation de nature hypnotique qui permet à la personne de rentrer et d’habiter son corps, et de sortir d’une logique qui est une logique cognitive, basée sur la représentation, pour entrer dans un langage incarné. Ce type de conversation est hypnotique, du moment que le but de l’hypnose est de permettre à quelqu'un d’entrer dans son corps et d’accueillir son propre ressenti sensoriel. L’hypnose est le moment où le processus de réassociation a lieu. Il est question d'aider ceux qui n'y arrivent pas en posant des questions adéquates.

Source: Julien Betbèze, vidéo de 2017, interview sur la thérapie narrative
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Orientation vers un futur, organisé en liberté     le 09/07/2019

Texte de Charles Pépin, philosophe, intitulé: "Le jour où Sartre a répondu à Freud"

Connaissez-vous la proposition sartrienne d’une « psychanalyse existentialiste »? Sartre était tellement fasciné par Freud qu’il a essayé de fonder une forme de psychanalyse concurrente, reposant sur l’idée… que l’inconscient n’existe pas ! Ce que Freud nomme l’inconscient n’est pour Sartre qu’une conscience de mauvaise foi : l’homme ne veut pas voir ce qu’il a refoulé, mais qu’il a bien dû « voir » au moment de le refouler – sinon, il n’y aurait pas eu refoulement. Nul inconscient profond chez Sartre, ni de libido exprimant l’intensité de l’énergie associée aux pulsions refoulées, juste une zone de la conscience que l’homme ne veut pas voir, incapable de cette honnêteté vis-à-vis de lui-même.

L’inconscient ainsi redéfini, et donc nié, ne peut en conséquence déterminer l’homme à être ce qu’il est : l’homme n’est plus déterminé par son passé; il est libre de s’inventer à chaque instant. Comment refonder la psychanalyse si l’on pense que l’individu n’est pas le produit de son passé ? En proposant, comme Sartre dans L’Être et le Néant, d’allonger les individus pour leur permettre d’entendre, non pas leur passé… mais leur avenir ! De trouver un projet capable de redonner du sens à leur vie, de rendre leur passé supportable, voire d’en faire une force.

Pour Sartre, le passé n’existe pas : il n’a aucune réalité objective. Il se donne à nous en fonction de la manière dont nous nous projetons dans l’avenir. Reste à trouver le projet – la finalité – qui changera l’obstacle (un passé douloureux) en opportunité. L’angoisse, qui plongeait selon Freud ses racines dans notre passé, s’éclaire alors chez Sartre de notre rapport à l’avenir. Vous avez le vertige, une peur phobique des balcons trop élevés ? Inutile d’aller chercher dans votre enfance l’introuvable clé de l’énigme. C’est l’avenir qui vous angoisse, l’avenir tout proche : de ce balcon, vous pourriez vous jeter dans le vide. Finalement, c’est votre liberté qui vous angoisse, cette liberté qui peut être « monstrueuse », l’angoisse devenant le symptôme de cette douloureuse prise de conscience de votre liberté.

Pour en sortir, il s’agissait chez Freud de saisir la manière dont nous sommes pris dans le destin, Sartre nous propose d’assumer pleinement cette liberté qui est aussi l’origine de notre angoisse. Toujours la même histoire : la liberté contre le destin. On imagine très bien le dialogue entre les deux. Freud : « Ainsi, vous proposez simplement de guérir les hommes en leur donnant un projet ? » Sartre : « Eh bien oui, c’est toujours mieux que de leur donner un destin ! » C’est probablement Freud qui a raison. Mais Sartre plaît beaucoup plus aux partisans de thérapies brèves et aux coachs pressés, par temps de crise, de « changer les obstacles en opportunités »…

Source: Charles Pépin, "Le jour où Sartre a répondu à Freud", décembre 2010, Psychologies.com
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Comment l'imaginaire déborde la science     le 09/06/2019

"Notre culture ayant pour habitude d'opposer la rationalité de la science et la recherche positive à l'irrationalité des représentations symboliques, elle ne reproduit pas de systèmes mythiques aussi riches que ceux des époques précédentes, mais elle développe, selon nous, un genre qui lui est propre. Le fait est que dans les domaines que nous avons choisi d'aborder par la suite (médecine, diététique), il n'y a pas de discours légitime qui ne soit scientifique. Mais il s'avère que ces discours engendrent des représentations n'ayant pas la valeur scientifique dont elles sont censées procéder. Ces représentations ne sont pas irrationnelles pour autant: elles montrent seulement que la science ne s'affranchit pas totalement des contenus idéologiques qui surdéterminent ses propos. A cet égard, ce chapitre illustre de quelle manière notre époque continue de fabriquer de l'imaginaire à partir du détournement de données scientifiques, ces dernières étant mal comprises ou dogmatiquement utilisées."

Source: Gilles Tétart, Le sang des fleurs: une anthropologie de l'abeille et du miel, 2004, Odile Jacob, pp.199-200
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L'imagination active, dialogue avec l'inconscient     le 21/01/2019

L'imagination active laisse advenir au conscient les premières manifestations spontanées venant de l'inconscient, constituées principalement des humeurs, des images et des sensations physiques. "L'imagination active permet de donner une forme sensible aux contenus inconscients et de s'y confronter dans le cas où est ressentie une perturbation émotionnelle". Il s'agit de fixer son attention sur cette émotion et sur les images, ainsi que sur ce " flot incessant de fantasmes issu de l'inconscient, qui y sont associées, puis de les laisser se développer librement, dans un état de rêverie semi-contrôlé par conséquent. Durant ce processus, le Moi doit adopter une méthode active, qui, sans influer sur le déroulement des images, reste partie prenante et garde une position éthique. Il devient détenteur de ces processus inconscients en se laissant pénétrer et saisir par eux. Il faut donc la distinguer de la rêverie passive. Active ne signifie pas pour autant que le conscient doive intervenir et diriger. Dans la conception de Jung en effet seules les images sont actives; elles guident réellement, par leur libre développement, le train de fantasmes. Il s'agit donc davantage d'une méthode de médiation par l'image qui permet de représenter l'inconscient comme un partenaire réel.
Source: Wikipédia, l'imagination active selon Carl Gustav Jung
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Quel(s) effet(s) l'hypnose a-t-elle sur le corps?     le 20/01/2019

L’hypnose permet de remettre le corps au premier plan. Et le corps apprécie. Parfois, après la séance d’hypnose à proprement parler, le corps d’une personne revient de lui-même se placer au centre de l’attention, demandant qu’on s’occupe davantage de lui, donc qu’on retrouve cet état de détente où ses manifestations sont perçues par la conscience. En séance, une harmonie interne est recherchée et toute tension pourra être exploitée par l’hypnotiseur en vue d’une explicitation, en mode métaphorique. Ainsi, les descriptions du corps que fait le praticien de l’hypnose ne sont pas du même genre que les déclarations d’un médecin, dont le langage est prévu pour décrire des symptômes en mode explicite. Le discours de l’hypnoticien sur le corps est plus imprégné de sensibilité poétique, mais pas inutile si on veut se sentir mieux.
Source: Forum Saresca
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Peut-on rester bloqué en état d'hypnose?     le 20/01/2019

L’état hypnotique est plutôt agréable, il est donc parfois nécessaire de pousser un peu au réveil, en rappelant la personne à son identité consciente, en fin de séance. En principe cela se fait très facilement, car une connexion est maintenue, via l’ouïe, entre l’hypnotisé et l’hypnotiseur. Le mieux c'est de proposer un réveil en douceur, lentement, par exemple en comptant jusqu'à 10.
Source: Forum Saresca
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